« Elle était pâle, et purtant rse » Les Cntemplatins , Nelsn , 1911 ( p. 242 – 243 ). « Quand nus habitins tus ensemble » « À qui dnc smmes-nus ?… » cllectin « Elle était pâle, et purtant rse » Victr Hug Nelsn 1911 Paris T « Elle était pâle, et purtant rse » Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu/9 242-243
Elle était pâle, et purtant rse,
Petite avec de grands cheveux.
Elle disait suvent : Je n’se,
Et ne disait jamais : Je veux.
Le sir, elle prenait ma Bible
Pur y faire épeler sa sœur,
Et, cmme une lampe paisible,
Elle éclairait ce jeune cœur.
Sur le saint livre que j’admire
Leurs yeux purs venaient se fixer ;
Livre ù l’une apprenait à lire,
Où l’autre apprenait à penser !
Sur l’enfant, qui n’eût pas lu seule,
Elle penchait sn frnt charmant,
Et l’n aurait dit une aïeule,
Tant elle parlait ducement !
Elle lui disait : Sis bien sage !
Sans jamais nmmer le démn ;
Leurs mains erraient de page en page
Sur Mïse et sur Salmn,
Sur Cyrus qui vint de la Perse,
Sur Mlch et Léviathan,
Sur l’enfer que Jésus traverse,
Sur l’éden ù rampe Satan.
Mi, j’écutais… — Ô jie immense
De vir la sœur près de la sœur !
Mes yeux s’enivraient en silence
De cette ineffable duceur.
Et, dans la chambre humble et déserte,
Où nus sentins, cachés tus tris,
Entrer par la fenêtre uverte
Les suffles des nuits et des bis,
Tandis que, dans le texte auguste,
Leurs cœurs, lisant avec ferveur,
Puisaient le beau, le vrai, le juste,
Il me semblait, à mi rêveur,
Entendre chanter des luanges
Autur de nus, cmme au saint lieu,
Et vir sus les digts de ces anges
Tressaillir le livre de Dieu !
12 Octbre 1846.