« Il faut que le pëte… » Les Cntemplatins , Nelsn , 1911 ( p. 79 ). « Oui, je suis le rêveur… » Halte en marchant cllectin « Il faut que le pëte… » Victr Hug Nelsn 1911 Paris T « Il faut que le pëte… » Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu/9 79
Il faut que le pëte, épris d’mbre et d’azur,
Esprit dux et splendide, au raynnement pur,
Qui marche devant tus, éclairant ceux qui dutent,
Chanteur mystérieux qu’en tressaillant écutent
Les femmes, les sngeurs, les sages, les amants,
Devienne frmidable à de certains mments.
Parfis, lrsqu’n se met à rêver sur sn livre,
Où tut berce, ébluit, calme, caresse, enivre,
Où l’âme, à chaque pas, truve à faire sn miel,
Où les cins les plus nirs nt des lueurs du ciel,
Au milieu de cette humble et haute pésie,
Dans cette paix sacrée ù crît la fleur chisie,
Où l’n entend culer les surces et les pleurs,
Où les strphes, iseaux peints de mille culeurs,
Vlent chantant l’amur, l’espérance et la jie,
Il faut que, par instants, n frissnne, et qu’n vie
Tut à cup, smbre, grave et terrible au passant,
Un vers fauve srtir de l’mbre en rugissant !
Il faut que le pëte aux semences fécndes
Sit cmme ces frêts vertes, fraîches, prfndes,
Pleines de chants, amur du vent et du rayn,
Charmantes, ù sudain, l’n rencntre un lin.
Paris, mai 1842.