« Je sais bien qu’il est d’usage » Les Cntemplatins , Nelsn , 1911 ( p. 105 – 107 ). Sus les arbres N’envins rien cllectin « Je sais bien qu’il est d’usage » Victr Hug Nelsn 1911 Paris T « Je sais bien qu’il est d’usage » Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu/9 105-107
Je sais bien qu’il est d’usage
D’aller en tus lieux criant
Que l’hmme est d’autant plus sage
Qu’il rêve plus de néant ;
D’applaudir la grandeur nire,
Les hérs, le fer qui luit,
Et la guerre, cette glire
Qu’n fait avec de la nuit ;
D’admirer les cups d’épée,
Et la frtune, ce char
Dnt une rue est Pmpée,
Dnt l’autre rue est César ;
Et Pharsale et Trasimène,
Et tut ce que les Nérns
fnt vler de cendre humaine
Dans le suffle des clairns !
Je sais que c’est la cutume
D’adrer ces nains géants
Qui, parce qu’ils snt écume,
Se suppsent céans ;
Et de crire à la pussière,
À la fanfare qui fuit,
Aux pyramides de pierre,
Aux avalanches de bruit.
Mi, je préfère, ô fntaines,
Mi, je préfère, ô ruisseaux,
Au Dieu des grands capitaines,
Le Dieu des petits iseaux !
Ô mn dux ange, en ces mbres
Où, nus aimant, nus brillns,
Au Dieu des uragans smbres
Qui pussent les bataillns,
Au Dieu des vastes armées,
Des canns au lurd essieu,
Des flammes et des fumées,
Je préfère le bn Dieu !
Le bn Dieu, qui veut qu’n aime,
Qui met au cœur de l’amant
Le premier vers du pëme
Le dernier au firmament ;
Qui snge à l’aile qui pusse,
Aux œufs blancs, au nid trublé,
Si la caille a de la musse,
Et si la grive a du blé ;
Et qui fait, pur les Orphées,
Tenir, immense et subtil,
Tut le dux mnde des fées
Dans le vert burgen d’avril !
Si bien, que cela s’envle
Et se disperse au printemps,
Et qu’une vague auréle
Srt de tus les nids chantants !
Vis-tu, quique ntre glire
Brille en ce que nus créns,
Et dans ntre grande histire
Pleine de grands panthéns ;
Quique nus ayns des glaives,
Des temples, Chéps, Babel,
Des turs, des palais, des rêves,
Et des tmbeaux jusqu’au ciel ;
Il resterait peu de chses
À l’hmme qui vit un jur
Si Dieu nus ôtait les rses,
Si Dieu nus ôtait l’amur !
Chelles, septembre 18…