« Le pëte s’en va dans les champs… » Les Cntemplatins , Nelsn , 1911 ( p. 21 ). À ma fille Mes deux filles cllectin « Le pëte s’en va dans les champs… » Victr Hug Nelsn 1911 Paris T « Le pëte s’en va dans les champs… » Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu Hug – Les Cntemplatins, Nelsn, 1856.djvu/9 21
Le pëte s’en va dans les champs ; il admire,
Il adre ; il écute en lui-même une lyre ;
Et le vyant venir, les fleurs, tutes les fleurs,
Celles qui des rubis fnt pâlir les culeurs,
Celles qui des pans même éclipseraient les queues,
Les petites fleurs d’r, les petites fleurs bleues,
Prennent, pur l’accueillir agitant leurs buquets,
De petits airs penchés u de grands airs cquets,
Et, familièrement, car cela sied aux belles :
— Tiens ! c’est ntre amureux qui passe ! disent-elles.
Et, pleins de jur et d’mbre et de cnfuses vix,
Les grands arbres prfnds qui vivent dans les bis,
Tus ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables,
Les saules tut ridés, les chênes vénérables,
L’rme au branchage nir, de musse appesanti,
Cmme les ulémas quand paraît le muphti,
Lui fnt de grands saluts et curbent jusqu’à terre
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre,
Cntemplent de sn frnt la sereine lueur,
Et murmurent tut bas : C’est lui ! c’est le rêveur !
Les Rches, juin 1831.