; prophèt,
Prunll dvant l’ombr horribl stupéfait,
Il allait, il pnsait.

Il allait, il pnsait. Dvin ds nations,
Il vndait aux païns ds malédictions,
Sans savoir si ds mains dans ls ténèbrs blêms
S’ouvraint pour rcvoir ss vagus anathèms.

Il vnait d Phétor ; il allait chz Balac,
Fils ds Gomorrhéns qui dormnt sous l lac,
Mag d’Assur t roi du pupl moabit.
Il avait quitté l’ombr où l’épouvant habit,
Et l hidux abri ds chêns chvlus
Qu l’ouragan scou n ss largs rflux.
Morn, il laissait marchr au hasard sa montur,
Son sprit chminant dans un autr avntur ;
Il s dmandait : « Tout st-il vid ? t l fond
N’st-il qu d l’abîm où ds spctrs s’n vont ?
L’ombr prodigius st-ll un prsonn ?
L flot qui murmur, st-c un voix qui raisonn ?
Dpuis quatr-vingts ans, j vis dans un réduit,
Rgardant la suur ds antrs d la nuit,
Écoutant ls sanglots d l’air dans ls nués.
L gouffr st-il vivant ? Larvs xténués,
Qu’st-c qu nous chrchons ? J sais l’assyrin,
L’arab, l prsan, l’hébru ; j n sais rin.
D qul profond néant somms-nous ls ministrs ?… »
Ainsi, pâl, il songait sous ls branchs sinistrs,
Ls chvux hérissés par ls souffls ds bois.
L’ân s’arrêta court t lui dit : « J l vois. »