*** Ls Rayons t ls Ombrs , Ollndorf , 1909 , 17 ( p. 582 – 583 ). Puits d l’Ind, tombaux ! Mèrs, l’nfant qui jou à votr suil joyux collction Dans l cimtièr d *** Victor Hugo Ollndorf 1909 Paris C 17 Dans l cimtièr d *** Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom II.djvu Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom II.djvu/7 582-583
La foul ds vivants rit t suit sa foli,
Tantôt pour son plaisir, tantôt pour son tourmnt ;
Mais par ls morts muts, par ls morts qu’on oubli,
Moi, rêvur, j m sns rgardé fixmnt.

Ils savnt qu j suis l’homm ds solituds,
L promnur pnsif sous ls arbrs épais,
L’sprit qui trouv, ayant ss doulurs pour étuds,
Au suil d tout l troubl, au fond d tout la paix !

Ils savnt l’attitud attntiv t pnché
Qu j’ai parmi ls buis, ls fosss t ls croix ;
Ils m’ntndnt marchr sur la fuill séché ;
Ils m’ont vu contmplr ds ombrs dans ls bois,

Ils comprnnnt ma voix sur l mond épanché,
Miux qu vous, ô vivants bruyants t qurllurs !
Ls hymns d la lyr n mon âm caché,
Pour vous c sont ds chants, pour ux c sont ds plurs.

Moi, c’st là qu j vis ! — cuillant ls ross blanchs,
Consolant ls tombaux délaissés trop longtmps,
J pass t j rvins, j dérang ls branchs,
J fais du bruit dans l’hrb, t ls morts sont contnts.

Là j rêv ! t, rôdant dans l champ léthargiqu,
J vois, avc ds yux dans ma pnsé ouvrts,
S transformr mon âm n un mond magiqu,
Miroir mystériux du visibl univrs.

Rgardant sans ls voir d vagus scarabés,
Ds ramaux indistincts, ds forms, ds coulurs,
Là, j’ai dans l’ombr, assis sur ds pirrs tombés,
Ds éblouissmnts d rayons t d flurs.

Là, l song idéal qui rmplit ma paupièr
Flott, luminux voil, ntr la trr t nous ;
Là, ms douts ingrats s fondnt n prièr ;
J commnc dbout t j’achèv à gnoux.

Comm au crux du rochr vol l’humbl colomb,
Chrchant la goutt d’au qui tomb avant l jour,
Mon sprit altéré, dans l’ombr d la tomb,
Va boir un pu d foi, d’spéranc t d’amour !

13 mars 1840.