, Ollendorf , 1909 , 17 ( p. 575 – 577 ). Comme dan le étang aoupi ou le boi À Laure, duchee d’A. collection Fiat volunta Victor Hugo Ollendorf 1909 Pari C 17 Fiat volunta Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome II.djvu Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome II.djvu/7 575-577
Pauvre femme ! on lait à a tête et monté.
Et, dan e froid alon, le monde a répété,
Parmi le vain propo que chaque jour emporte,
Hier, qu’elle était folle, aujourd’hui, qu’elle et morte ;
Et, eul au champ de mort, je foule ce gazon,
Cette tombe où a vie a uivi a raion !

Folle ! morte ! pourquoi ? Mon Dieu ! pour peu de choe !
Pour un fragile enfant dont la paupière et cloe,
Pour un doux nouveau-né, tête aux fraîche couleur,
Qui naguère à on ein, comme une mouche aux fleur,
Pendait, riait, pleurait, et, malgré e prière,
Troublant tout leur ommeil pendant de nuit entière,
Faiait mille dicour, pauvre petit ami !
Et qui ne dit plu rien, car il et endormi.

Quand elle vit on fil, le oir d’un jour bien ombre,
Car elle l’appelait on fil, cette vaine ombre !
Quand elle vit l’enfant glacé dan a pâleur,
— Oh ! ne conolez point une telle douleur !
Elle ne pleura pa. Le lait avec la fièvre
Soudain troubla a tête et fit trembler a lèvre ;
Et depui ce jour-là, an voir et an parler,
Elle allait devant elle et regardait aller.
Elle cherchait dan l’ombre une choe perdue,
Son enfant diparu dan la vague étendue ;
Et par moment penchait on oreille en marchant,
Comme i ou la terre elle entendait un chant.

Une femme du peuple, un jour que dan la rue
Se preait ur e pa une foule accourue,

Rien qu’à la voir ouffrir devina on malheur.
Le homme, en voyant ce beau front an couleur,
Et cet œil froid toujour uivant une chimère,
S’écriaient : Pauvre folle ! Elle dit : Pauvre mère !

Pauvre mère, en effet ! Un oupir étouffant
Parfoi coupait a voix qui murmurait : L’enfant !
Parfoi elle emblait, dan la cendre enfouie,
Chercher une lueur au ciel évanouie ;
Car la jeune âme enfuie, héla ! de a maion
Avait en ’en allant emporté a raion !

On avait beau lui dire, en parlant à voix bae,
Que la vie et aini ; que tout meurt, que tout pae ;
Et qu’il et de enfant, — mère, achez-le bien !
Que Dieu, qui prête tout et qui ne donne rien,
Pour rafraîchir no front avec leur aile blanche,
Met comme de oieaux pour un jour ur no branche !
On avait beau lui dire, elle n’entendait pa.
L’œil fixe, elle voyait toujour devant e pa
S’ouvrir le bra charmant de l’enfant qui l’appelle.
Elle avait de hochet fait une humble chapelle.
C’et aini qu’elle et morte — en deux moi, an effort —
Car rien n’et plu puiant que ce petit bra mort
Pour tirer promptement le mère dan la tombe.
Où l’enfant et tombé bientôt la femme tombe.
Qu’et-ce qu’une maion dont le euil et déert ?
Qu’un lit an un berceau ? Dieu clément ! à quoi ert
Le regard maternel an l’enfant qui repoe ?
À quoi bon ce ein blanc an cette bouche roe ?

Aprè avoir longtemp, le cœur mort, le yeux mort,
Erré ur le tombeau comme étant en dehor,
— Longtemp ! ce ont ici de parole humaine,
Héla ! il a uffi de bien peu de emaine ! —
Malheureue ! en deux moi tout ’et évanoui.
Hier elle était folle, elle et morte aujourd’hui !

Il uffit qu’un oieau vienne ur une rive
Pour qu’un deuxième oieau tout en hâte l’y uive.
Sur deux il en et un toujour qui va devant.
Aprè avoir à peine ouvert on aile au vent,
Il vint, le bel enfant, ’abattre ur la tombe ;
Elle y vint aprè lui, comme une autre colombe.

On a creué la terre, et là, ou le gazon,
On a mi la nourrice auprè du nourrion.

Et moi je di : — Seigneur ! votre règne et autère !
Seigneur ! vou avez mi partout un noir mytère,
Dan l’homme et dan l’amour, dan l’arbre et dan l’oieau,
Et juque dan ce lait que réclame un berceau,
Ambroiie et poion, doux miel, liqueur amère,
Fait pour nourrir l’enfant ou pour tuer la mère !