, voir La Mort du duc d Brry . Victor Hugo La mort du duc d Brry Ods t Ballads , Ollndorf , 1912 , 24 ( p. 66 – 71 ). L rétablissmnt d la statu d Hnri IV La naissanc du duc d Bordau collction La mort du duc d Brry Victor Hugo Ollndorf 1912 Paris C 24 La mort du duc d Brry Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom I.djvu Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom I.djvu/7 66-71

ODE SEPTIÈME. LA MORT DU DUC DE BERRY.

L Murtr, d’un main violnt, bris ls lins ls plus sacrés ; la Mort vint nlvr l jun homm florissant, t l Malhur s’approch comm un nnmi rusé au miliu ds jours d fêt. Schillr .
Modérons ls transports d’un ivrss insnsé ;
L passag st bin court d la joi aux doulurs ;
La mort aim à posr sa main lourd t glacé
 Sur ds fronts couronnés d flurs.
Dmain, souillés d cndr, humbls, courbant nos têts,
 L vain souvnir d nos fêts
 Sra pour nous prsqu un rmords ;
Nos jux sront suivis ds pomps sépulcrals ;
Car chz nous, malhurux ! l’hymn ds saturnals
 Srt d prélud au chant ds morts.
Fuis ls banquts, fais trêv à ton joyux délir,
Paris, trist cité ! détourn ts rgards
Vrs l cirqu où l’on voit aux accords d la lyr
 S’unir ls prstigs ds arts.
Chœurs, intrrompz-vous ; cssz, danss légèrs ;
 Qu’on chang n torchs funérairs

 Cs fux purs, cs brillants flambaux ; —
Dans ctt ncint, auprès d’un couch sanglant,
J’ntnds un prêtr saint dont la voix chanclant
 Dit la prièr ds tombaux.

Sous cs lambris, frappés ds éclats d la joi,
Près d’un lit où soupir un mourant étndu,
D’un famill august, au désspoir n proi,
 J vois l cortèg éprdu.
C’st un pèr à gnoux, c’st un frèr n alarms,
 Un sœur qui n’a point d larms
 Pour calmr ss sombrs doulurs ;
Car ss affrux rvrs ont, dès son plus jun âg,
Dans ss yux, nflammés d’un si mâl courag,
 Tari la sourc d ss plurs.

Sur l’échafaud, aux cris d’un sénat sanguinair,
Sa mèr st mort n rin t son pèr n héros ;
Ell a vu dans ls frs périr son jun frèr,
 Et n’a pu trouvr ds bourraux.
Et, quand ds rois ligués la main brisa ss chaîns,
 Longtmps, sur ds rivs lointains,
 Ell a fui nos bords désolés ;
Ell a rvu la Franc, après tant d misèrs,
Pour apprndr, n rntrant au palais d ss pèrs,
 Qu ss maux n’étaint pas comblés.

Plus loin, c’st un épous… Oh ! qui pindra ss craints,
Sa forc, ss doux soins, son amour assidu ?
Hélas ! t qui dira ss lamntabls plaints,
 Quand tout spoir sra prdu ?
Quls étaint nos transports, ô virg d Sicil,
 Quand naguèr à ta main docil
 Brry joignit sa nobl main !
Dvais-tu donc, princss, n touchant c rivag,
Voir sitôt succédr l crêp du vuvag
 Au chast voil d l’hymn ?

Brry, quand nous vantions ta paisibl conquêt,
Nos chants ont révillé l dragon endormi ;
L’Anarchie en grondant a relevé sa tête,
 Et l’enfer même en a frémi.
Elle a rugi ; soudain, du milieu des ténèbres,
 Clément poussa des cris funèbres,
 Ravaillac agita ses fers ;
Et le monstre, étendant ses deux ailes livides,
Aux applaudissements des ombres régicides,
 S’envola du fond des enfers.

Le démon, vers nos bords tournant son vol funeste,
Voulut, brisant ces lys qu’il flétrit tant de fois,
Épuiser d’un seul coup le déplorable reste
 D’un sang trop fertile en bons rois.
Longtemps le sbire obscur qu’il arma pour son crime,
 Rêveur, autour de la victime
 Promena ses affreux loisirs ;
Enfin le ciel permet que son vœu s’accomplisse ;
Pleurons tous, car le meurtre a choisi pour complice
 Le tumulte de nos plaisirs.

Le fer brille… un cri part : guerriers, volez aux armes !
C’en est fait ; la duchesse accourt en pâlissant ;
Son bras soutient Berry, qu’elle arrose de larmes,
 Et qui l’inonde de son sang.
Dressez un lit funèbre : est-il quelque espérance ?…
 Hélas ! un lugubre silence
 A condamné son triste époux.
Assistez-le, madame, en ce moment horrible ;
Les soins cruels de l’art le rendront plus terrible,
 Les vôtres le rendront plus doux.

Monarque en cheveux blancs, hâte-toi, le temps presse ;
Un Bourbon va rentrer au sein de ses aïeux ;
Viens, accours vers ce fils, l’espoir de ta vieillesse ;

 Car ta main doit fermer ses yeux !
Il a béni sa fille, à son amour ravie ;
 Puis, des vanités de sa vie
 Il proclame un noble abandon ;
Vivant, il pardonna ses maux à la patrie ;
Et son dernier soupir, digne du Dieu qu’il prie,
 Est encore un cri de pardon.

Mort sublime ! ô regrets ! vois sa grande âme et pleure,
Porte au ciel tes clameurs, ô peuple désolé !
Tu l’as trop peu connu ; c’est à sa dernière heure
 Que le héros s’est révélé.
Pour consoler la veuve, apportez l’orpheline ;
 Donnez sa fille à Caroline,
 La nature encore a ses droits.
Mais, quand périt l’espoir d’une tige féconde,
Qui pourra consoler, dans sa terreur profonde,
 La France, veuve de ses rois ?

À l’horrible récit, quels cris expiatoires
Vont pousser nos guerriers, fameux par leur valeur !
L’Europe, qu’ébranlait le bruit de leurs victoires,
 Va retentir de leur douleur.
Mais toi, que diras-tu, chère et noble Vendée ?
 Si longtemps de sang inondée,
 Tes regrets seront superflus ;
Et tu seras semblable à la mère accablée,
Qui s’assied sur sa couche et pleure inconsolée,
 Parce que son enfant n’est plus !

Bientôt vers Saint-Denis, désertant nos murailles,
Au bruit sourd des clairons, peuple, prêtres, soldats,
Nous suivrons à pas lents le char des funérailles,
 Entouré des chars des combats.
Hélas ! jadis souillé par des mains téméraires,
 Saint-Denis, où dormaient ses pères,
 A vu déjà bien des forfaits ;

Du moins, puisse, à l’abri des complots parricides,
Sous ces murs profanés, parmi ces tombes vides,
 Sa cendre reposer en paix !
D’Enghien s’étonnera, dans les célestes sphères,
De voir sitôt l’ami, cher à ses jeunes ans,
À qui le vieux Condé, prêt à quitter nos terres,
 Léguait ses devoirs bienfaisants.
À l’aspect de Berry, leur dernière espérance,
 Des rois que révère la France
 Les ombres frémiront d’effroi ;
Deux héros gémiront sur leurs races éteintes,
Et le vainqueur d’Ivry viendra mêler ses plaintes
 Aux pleurs du vainqueur de Rocroy.

Ainsi, Bourbon, au bruit du forfait sanguinaire,
On te vit vers d’Artois accourir désolé ;
Car tu savais les maux que laisse au cœur d’un père
 Un fils avant l’âge immolé.
Mais bientôt, chancelant dans ta marche incertaine,
 L’affreux souvenir de Vincenne
 Vint s’offrir à tes sens glacés ;
Tu pâlis ; et d’Artois, dans la douleur commune,
Sembla presque oublier sa récente infortune,
 Pour plaindre tes revers passés.

Et toi, veuve éplorée, au milieu de l’orage
Attends des jours plus doux, espère un sort meilleur ;
Prends ta sœur pour modèle, et puisse ton courage
 Être aussi grand que ton malheur !
Tu porteras comme elle une urne funéraire ;
 Comme elle, au sein du sanctuaire,
 Tu gémiras sur un cercueil ;

L’hydre des factions, qui, par des morts célèbres,
A marqué pour ta sœur tant d’époques funèbres,
 Te fait aussi ton jour de deuil !
Pourtant, ô frêle appui de la tige royale,
Si Dieu par ton secours signale son pouvoir,
Tu peux sauver la France, et de l’hydre infernale
 Tromper encor l’affreux espoir.
Ainsi, quand le Serpent, auteur de tous les crimes,
 Vouait d’avance aux noirs abîmes
 L’homme que son forfait perdit,
Le Seigneur abaissa sa farouche arrogance ;
Une femme apparut, qui, faible et sans défense,
 Brisa du pied son front maudit.

Février 1820.