, Olendorf , 1912 , 24 ( p. 195 – 199 ). À l’Académie de feux floraux La Fille d’O-Taïti collection Le génie Victor Hugo Ollendorf 1912 Pari C 24 Le génie Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome I.djvu Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome I.djvu/7 195-199

À M. DE CHATEAUBRIAND.

ODE SIXIÈME. LE GÉNIE.

Va d’un pa ferme au Capitole ! Le Tae . Ode .

Le circontance ne forment pa le homme ; elle le montrent : elle dévoilent, pour aini dire, la royauté du génie, dernière reource de peuple éteint. Ce roi qui n’en ont pa le nom, mai qui règnent véritablement par la force du caractère et la grandeur de penée, ont élu par le événement auxquel il doivent commander. San ancêtre et an potérité, eul de leur race, leur miion remplie, il diparaient en laiant à l’avenir de ordre qu’il exécutera fidèlement. F. de La Mennai .

Malheur à l’enfant de la terre,
Qui, dan ce monde injute et vain,
Porte en on âme olitaire
Un rayon de l’eprit divin !
Malheur à lui ! l’impure envie
S’acharne ur a noble vie,
Semblable au vautour éternel ;
Et, de on triomphe irritée,
Punit ce nouveau Prométhée
D’avoir ravi le feu du ciel.

La Gloire, fantôme célete,
Apparaît de loin à e yeux ;
Il ubit le pouvoir funete
De on ourire impérieux !
Aini l’oieau, faible et timide,
Veut en vain fuir l’hydre perfide
Dont l’œil le charme et le pouruit ;
Il voltige de cime en cime,
Pui il accourt, et meurt victime
Du doux regard qui l’a éduit.

Ou, ’il voit luire enfin l’aurore
Du jour, promi à e effort ;
Vivant, i on front e décore
Du laurier, qui croît pour le mort ;
L’erreur, l’ignorance hautaine,
L’injure impunie et la haine
Uent le jour de l’immortel.
Du malheur impoant exemple,
La gloire l’admet dan on temple,
Pour l’immoler ur on autel.
Pourtant, fallût-il être en proie
À l’injutice, à la douleur,
Qui n’accepterait avec joie
Le génie, au prix du malheur ?
Quel mortel, entant dan on âme
S’éveiller la célete flamme
Que le temp ne aurait ternir,
Voudrait, redoutant a victoire,
Au ein d’un bonheur an mémoire,
Fuir on trite et noble avenir ?

Chateaubriand, je t’en attete,
Toi qui, déplacé parmi nou,
Reçu du ciel le don funete
Qui blee notre orgueil jaloux :
Quand ton nom doit urvivre aux âge,
Que t’importe, avec e outrage,
À toi, géant, un peuple nain ?
Tout doit un tribut au génie.
Eux, il n’ont que la calomnie ;
Le erpent n’a que on venin.

Brave la haine empoionnée ;
Le nocher rit de flot mouvant,
Lorque a poupe couronnée
Entre au port, à l’abri de vent.
Longtemp ignoré dan le monde,
Ta nef a lutté contre l’onde
Souvent prête à l’enevelir ;
Aini jadi le vieil Homère
Errait inconnu ur la terre,
Qu’un jour on nom devait remplir.
Jeune encor, quand de main du crime
La France en deuil reçut de fer,
Tu fui ; le ouffle qui t’anime
S’éveilla dan l’autre univer.
Contemplant ce vate rivage,
Ce grand fleuve, ce boi auvage,
Aux humain tu diai adieu ;
Car dan ce lieux que l’homme ignore
Du moin e pa n’ont point encore
Effacé le trace de Dieu.

Tu vin, dan un temp plu tranquille,
Fouler cette terre de art
Où croît le laurier de Virgile,
Où tombent le mur de Céar.
Tu vi la Grèce humble et domptée :
Héla ! il n’et plu de Tyrtée
Chez ce peuple, jadi i grand ;
Le grec courbent leur front ervile,
Et le rocher de Thermopyle
Porte le tour de leur tyran.

Ce cité, que vante l’hitoire,
Pleurent leur enfant aguerri ;
Le vieux ouvenir de leur gloire
N’habite plu que leur débri.
Le dieux ont fui : dan le prairie,
Adieu le blanche théories !
Plus de jeux, plus de saints concerts !
Adieu les fêtes fraternelles !
L’airain, qui gronde aux Dardanelles,
Trouble seul les temples déserts.

Mais si la Grèce est sans prestiges,
Tu savais des lieux solennels
Où sont de plus sacrés vestiges,
Des monuments plus éternels,
Une tombe pleine de vie,
Et Jérusalem asservie
Qu’un pacha foule sans remord,
Et le bédouin, fils du numide,
Et Carthage, et la Pyramide,
Tente immobile de la mort !

Enfin, au foyer de tes pères,
Tu vins, rapportant pour trésor
Tes maux aux rives étrangères,

Et les hautes leçons du sort.
Tu déposas ta douce lyre :
Dès lors, la raison qui t’inspire
Au sénat parla par ta voix ;
Et la Liberté rassurée
Confia sa cause sacrée
À ton bras, défenseur des rois.

Dans cette arène où l’on t’admire,
Sois fier d’avoir tant combattu,
Honoré du double martyre
Du génie et de la vertu.
Poursuis : remplis notre espérance ;
Sers ton prince, éclaire la France,
Dont les destins vont s’accomplir.
L’Anarchie, altière et servile,
Pâlit devant ton front tranquille
Qu’un tyran n’a point fait pâlir.

Que l’envie, aux pervers unie,
Te poursuive de ses clameurs,
Ton noble essor, fils du génie,
T’enlève à ces vaines rumeurs ;
Tel l’oiseau du Cap des Tempêtes
Voit les nuages sur nos têtes
Rouler leurs flots séditieux ;
Pour lui, loin des bruits de la terre,
Bercé par son vol solitaire,
Il va s’endormir dans les cieux !

Juillet 1820.