’Académie des feux foraux Odes et Baades , Oendorf , 1912 , 24 ( p. 193 – 194 ). Le dévouement Le génie coection À ’Académie des feux foraux Victor Hugo Oendorf 1912 Paris C 24 À ’Académie des feux foraux Hugo – Œuvres compètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu Hugo – Œuvres compètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/7 193-194

ODE CINQUIÈME. À L’ACADÉMIE DES JEUX FLORAUX.

At mihi jam puero cœestia sacra pacebant,
 Inque suum furtim musa trahebat opus.

Ovide .

 Vous dont e poétique empire
S’étend des bords du Rhône aux rives de ’Adour,
Vous dont ’art tout-puissant n’est qu’un joyeux déire,
Rois des combats du chant, rois des jeux de a yre,
 Ô maîtres du savoir d’amour !

 Aussi bee qu’à sa naissance,
Votre muse se rit des ans et des doueurs ;
Le temps sembe en passant respecter son enfance ;
Et a goire, à ses yeux se voiant d’innocence,
 Cache ses auriers sous des feurs.

 Saut ! — Enfant, j’ai pour ma mère
Cueii queques rameaux dans vos sacrés bosquets ;
Votre main s’est offerte à ma main téméraire ;
Étranger, vous m’avez accueii comme un frère,
 Et fait asseoir dans vos banquets.

 Parmi es juges de ’arène
L’athète fut admis, vainqueur bien faibe encor.
Jamais pourtant, errant sur es monts de Pyrène,
I n’avait réveié de bee suzeraine
 Aux sons hospitaier du cor.

 D’une fée, aux ointaines sphères,
Jamais i n’avait dit es magiques jardins ;
Ni, e soir, pour charmer des dames peu sévères,
Conté, près du foyer, es expoits des trouvères,
 Et es amours des paadins.

 D’autres, d’une voix immortee,
Vous peindront d’heureux jours en de joyeux accords.
Moi, a doueur m’éprouve, et mes chants viennent d’ee.
Je souffre et je consoe, et ma muse fidèe
 Se souvient de ceux qui sont morts !

Mai 1822.