, Calmann-Lévy , 1883 ( p. 145 – 149 ). Le Bey utragé Ténèbre collection La Chanon de doreur de proue Victor Hugo Calmann-Lévy 1883 Pari C La Chanon de doreur de proue Hugo – La Légende de iècle, 3e érie, édition Hetzel, 1883.djvu Hugo – La Légende de iècle, 3e érie, édition Hetzel, 1883.djvu/11 145-149

Nou omme le doreur de proue.
Le vent, tournant comme de roue,
Sur la verte rondeur de eaux
Mêlent le lueur et le ombre,
Et dan le pli de vague ombre
Traînent le oblique vaieaux.

La bourraque décrit de courbe,
Le vent ont tortueux et fourbe,
L’archer noir ouffle dan on cor,
Ce bruit ‘ajoutent aux vertige,
Et c’et nou qui dan ce prodige
Faion rôder de pectre d’or,

Car c’et un pectre que la proue.
Le flot l’étreint, l’air la ecoue ;
Fière, elle ort de no bazar
Pour ervir aux éclair de cible,
Et pour être un regard terrible
Parmi le initre haard.

Roi, prend le frai ou le platane ;
Sultan, oi jaloux de ultane,
Et tien ou de voile caché
L’eaim de femme inconnue
Qu’hier on vendait toute nue
À la criée en plein marché ;

Qu’importe au vent ! qu’importe à l’onde !
Une femme et noire, une et blonde,
L’autre et d’Alep ou d’Ipahan ; Toute tremblent devant ta face ;
Et que veut-on que cela fae
Au mytérieux océan ?

Vou avez chacun votre fête ;
Soi le prince, il et la tempête,
Lui l’éclair, toi l’yatagan,
Vou avez chacun votre glaive ;
Sou le ultan le peuple rêve,
Le flot onge ou l’ouragan.

Nou travaillon pour l’un et l’autre.
Cette double tâche et la nôtre,
Et nou chanton ! Ô ombre émir,
Te yeux d’acier, ton cœur de marbre,
N’empêchent pa le oir dan l’arbre
Le petit oieaux de dormir ;

Car la nature et éternelle
Et tranquille, et Dieu ou on aile
Abrite le vivant penif.
Nou chanton dan l’ombre ereine
De chanon où e mêle à peine
La viion de noir récif.

Nou laion aux maître le palme
Et le laurier ; nou omme calme
Tant qu’il n’ont pa pri dan leur main
Le étoile diminuée,
Tant que la fuite de nuée
Ne dépend pa d’un ouffle humain.

L’été luit, le fleur ont écloe,
Le ein blanc ont de pointe roe,
On chae, on rit, le ouvrier
Chantent, et le moine ‘ennuient ;
Le vague biche qui ‘enfuient
Font treaillir le lévrier.

Oh ! ‘il fallait que tu t’emplie,
Sultan, de toute le délice
Qui t’environnent, tu mourrai.
Vi et règne, — la vie et douce.
Le chevreuil couché ur la moue
Fait de onge dan le forêt ;

Monter ne ert qu’à redecendre ;
Tout et flamme, pui tout et cendre ;
La tombe dit à l’homme : voi ! Le temp change, le oieaux muent,
Et le vate eaux e remuent,
Et l’on entend paer de voix ;

L’air et chaud, le femme e baignent,
Le fleur entre elle e dédaignent ;
Tout et joyeux, tout et charmant,
De blancheur dan l’eau e reflètent ;
Le roe de boi e complètent
Par le atre du firmament.

Ta galère que nou dorâme
A oixante paire de rame
Qui de Lépante à Moganez
Domptent le vent et la marée,
Et dont chacune et manœuvrée
Par quatre forçat enchaîné.