, voir La Gurr d’Espagn . Victor Hugo La gurr d’Espagn Ods t Ballads , Ollndorf , 1912 , 24 ( p. 116 – 121 ). La librté À l’arc d triomph d l’Étoil collction La gurr d’Espagn Victor Hugo Ollndorf 1912 Paris C 24 La gurr d’Espagn Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom I.djvu Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom I.djvu/7 116-121
ODE SEPTIÈME. LA GUERRE D’ESPAGNE.
Sin clad victor .
Oh ! qu la Royauté, puissant t vénérabl,
Fill, aux chvux blanchis, ds âgs révolus,
Prçant d ss clartés lur nuit impénétrabl,
Où tant d’astrs n brillnt plus ;
Soumttant l’aigl au cygn t l’autour aux colombs ;
S’élvant d tombs n tombs ;
Géant, qu grandit son fardau ;
Consacrant sur l’autl l fr dont ll st cint,
Et mêlant ls rayons d l’auréol saint
Aux flurons du royal bandau ;
Oh ! qu la Royauté, pupls, st douc t bll ! —
À forc d binfaits ll achèt ss droits.
Son bras fort, quand bouillonn un foul rbll,
Couvr ls scptrs d’un croix.
C coloss d’airain, d ss mains séculairs,
Dans ls nuags populairs
Lèv un phar aux fux éclatants ;
Et, liant au passé l’avnir qu’il fécond,
Pos à la fois ss pids, n vain battus d l’ond,
Sur ls dux rivags du tmps.
Aussi, qu d malhurs suprêms
Ell impos aux infortunés,
Qui, sous l joug ds diadèms,
Courbèrnt lurs fronts condamnés !
Il faut qu lur cœur soit sublim.
Affrontant la foudr t l’abîm,
Lur nf n doit pas fuir l’écuil.
Un roi, dign d la couronn,
N sait pas dscndr du trôn,
Mais il sait dscndr au crcuil.
Il faut, comm un soldat, qu’un princ ait un épé.
Il faut, ds factions quand l’astr impur a lui,
Qu nuit t jour, bravant lur attnt trompé,
Un glaiv vill auprès d lui ;
Ou qu d son armé il s fass un cortèg ;
Qu son fir palais s protèg
D’un camp au front étinclant ;
Car d la Royauté la Gurr st la compagn ;
On n put t brisr, scptr d Charlmagn,
Sans brisr l fr d Roland !
Roland ! — N’st-il pas vrai, nobl élu d la gurr,
Qu ton ombr, évillé aux cris d nos gurrirs,
Aux champs d Roncvaux lorsqu’ils passaint naguèr,
Ls prit pour d’ancins chvalirs ?
Car l héros, assis sur sa tomb célèbr,
Ls voyait, vrs ls bords d l’Èbr
Déployant lur vol immortl,
Du haut ds monts, parils à l’aigl ouvrant ss ails,
Scour, pour chassr d nouvaux infidèls,
L’éclatant cimir d Martl !
Mais un autr héros ncor,
Pélag, l’ffroi ds tyrans,
Pélag, autr vainquur du Maur,
Dans ls ciux saluait nos rangs ;
Au char où notr gloir brill,
Il attlait d la Castill
L viux lion fir t soumis ;
Répétant notr cri d’alarms,
Il mêlait sa lanc à nos arms,
Et sa voix nous disait : Amis !
Ds pas d’un conquérant l’Espagn ncor fumant
Plurait, prostitué à notr librté,
Entr ls bras sanglants d l’ffroyabl amant,
Sa royal virginité.
C pupl altir, chargé d dspots vulgairs,
Maudissait, épuisé d gurrs,
L monstr, n ss champs accouru ;
Si las ds vils tribuns et des tyrans serviles,
Que lui-même appelait l’étranger dans ses villes,
Sans frémir d’être secouru !
Les français sont venus. — Du Rhin jusqu’au Bosphore,
Peuples de l’aquilon, du couchant, du midi,
Pourquoi, vous dont le front, que l’effroi trouble encore,
Se courba sous leur pied hardi,
Nations, de la veille à leur chaîne échappées,
Qu’on vit tomber sous leurs épées,
Ou qui par eux avez vécu,
Empires, potentats, cités, royaumes, princes !
Pourquoi, puissants états, qui fûtes nos provinces,
Me demander s’ils ont vaincu ?
Ils ont appris à l’anarchie
Ce que pèse le fer gaulois ;
Mais par eux l’Espagne affranchie
Ne peut rougir de leurs exploits ;
Tous les peuples, que Dieu seconde,
Quand l’hydre, en désastre féconde,
Tourne vers eux son triple dard,
Ont, ligués contre sa furie,
Le temple pour même patrie,
La croix pour commun étendard.
Pourtant, que désormais Madrid taise à l’histoire
Des succès trop longtemps par son orgueil redits,
Et le royal captif que l’ingrate victoire
Dans ses murs envoya jadis.
Cadix nous a vengés de l’affront de Pavie.
À l’ombre d’un héros ravie
La gloire a rendu tous ses droits ;
Oubliant quel français a porté ses entraves,
La fière Espagne a vu si les mains de nos braves
Savent briser les fers des rois !
Préparez, Castillans, des fêtes solennelles,
Des murs de Saragosse aux champs d’Almonacid.
Mêlez à nos lauriers vos palmes fraternelles ;
Chantez Bayard ; — chantons le Cid !
Qu’au vieil Escurial le vieux Louvre réponde ;
Que votre drapeau se confonde
À nos drapeaux victorieux ;
Que Gadès édifie un auteur sur sa plage !
Que de lui-même, aux monts d’où se leva Pélage,
S’allume un feu mystérieux !
Pour témoigner de leurs paroles,
Où sont ces nouveaux Décius ?
Le brasier attend les Scévoles !
Le gouffre attend les Curtius !
Quoi ! traînant leurs fronts dans la poudre,
Tous, de Bourbon, qui tient la foudre,
Embrassent les sacrés genoux !… —
Ah ! la victoire est généreuse,
Leur cause inique est malheureuse,
Ils sont vaincus, ils sont absous !
Un Bourbon pour punir ne voudrait pas combattre.
Le droit de son triomphe est toujours le pardon.
Pourtant des factions que son bras vient d’abattre,
Il éteint le dernier brandon.
Oh ! de combien de maux, peuples, il vous délivre !
Hélas ! à quels forfaits se livre
Le monstre, à ses pieds frémissant !
Nous qui l’avons vaincu, nous fûmes sa conquête.
Nous savons, lorsque tombe une royale tête,
Combien il en coule de sang !
Ô nos guerriers, venez ! vos mères sont contentes !
Vos bras, terreur du monde, en deviennent l’appui.
Assez on vit crouler de trônes sous vos tentes !
Relevez les rois aujourd’hui.
Dieu met sur votre char son arche glorieuse ;
Votre tente victorieuse
Est son tabernacle immortel ;
Des saintes légions votre étendard dispose ;
Il veut que votre casque à sa droite repose
Entre les vases de l’autel !
C’en est fait ; loin de l’espérance
Chassant le crime épouvanté,
Les cieux commettent à la France
La garde de la royauté.
Son génie, éclairant les trames,
Luit comme la lampe aux sept flammes,
Cachée aux temples du Jourdain ;
Gardien des trônes qu’il relève,
Son glaive est le céleste glaive
Qui flamboie aux portes d’Éden !
Novembre 1823.