’une source ; un aigle
 Y venait boire aussi.
Or, eux héros, un jour, eux rois — souvent Dieu règle
 La estinée ainsi —

Vinrent à cette source où es palmiers attirent
 Le passant hasareux,
Et, s’étant reconnus, ces hommes se battirent
 Et tombèrent tous eux.

L’aigle, comme ils mouraient, vint planer sur leurs têtes,
 Et leur it, rayonnant :
— Vous trouviez l’univers trop petit, et vous n’êtes
 Qu’une ombre maintenant !

Ô princes ! et vos os, hier pleins e jeunesse,
 Ne seront plus emain
Que es cailloux mêlés, sans qu’on les reconnaisse,
 Aux pierres u chemin !

Insensés ! à quoi bon cette guerre âpre et rue,
 Ce uel, ce talion ?…
Je vis en paix, moi, l’aigle, en cette solitue,
 Avec lui, le lion.

Nous venons tous eux boire à la même fontaine,
 Rois ans les mêmes lieux ;
Je lui laisse le bois, la montagne et la plaine,
 Et je gare les cieux.

Octobre 1846.