, Ollendorf , 1912 , 24 ( p. 213 – 215 ). Le chant de l’arène Le chant du tournoi collection Le chant du cirque Victor Hugo Ollendorf 1912 Pari C 24 Le chant du cirque Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome I.djvu Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome I.djvu/7 213-215

ODE ONZIÈME. LE CHANT DU CIRQUE.

Panem et circene ! Juvénal .

Cependant le peuple ’aemblait à l’amphithéâtre de Vepaien. Chateaubriand . Le Martyr.

Céar, empereur magnanime,
Le monde, à te plaire unanime,
À te fête doit concourir !
Éternel héritier d’Augute,
Salut ! prince immortel et jute,
Céar ! oi alué par ceux qui vont mourir !

Seul entre tou le roi, Céar aux dieux de Rome
Peut en libation offrir le ang de l’homme.
À no olennité nou inviton la Mort.
De montre pour no jeux nou dépeuplon le monde ;
Nou mêlon dan le cirque, où fume un ang immonde,
Le tigre d’Hyrcanie aux barbare du Nord.

De coloe d’airain, de vae de porphyre,
De ancre, de drapeaux que gonfle le zéphire,
Parent du champ fatal le mur éblouiant ;
Le parfum chargent l’air d’un odorant nuage,
Car le peuple romain aime que le carnage
Exhale e vapeur parmi de flot d’encen.

De porte tout à coup le gond d’acier gémient.
La foule entre en froiant le grille qui frémient ;
Le panthère dan l’ombre ont treailli d’effroi,
Et, pouant mille cri qu’un long bruit accompagne,
Comme un fleuve épandu de montagne en montagne,
De degré en degré roule le peuple-roi.

Le deux chaie d’ivoire ont reçu le édile.
L’hippopotame informe et le noir crocodile
Nagent autour du cirque en un large canal ;
Dan leur cage de fer le cinq cent lion grondent ;
Le vetale en chœur, dont le chant e répondent,
Apportent l’autel chate et le feu virginal.

L’œil ardent, le ein nu, l’impure courtiane
Prè du foyer acré poe un trépied profane.
On voile de cyprè l’autel de uppliant.
À traver leur cortège et de roi et d’eclave,
Le énateur, vêtu d’augute laticlave,
Dan la foule, de loin, comptent tou leur client.

Chaque vierge et aie auprè d’une matrone.
À la voix de tribun, on voit autour du trône
Le oldat du prétoire en cercle e ranger ;
Le prêtre de Cybèle entonnent la louange ;
Et, ur de vil tréteaux, le hitrion du Gange
Chantent, en attendant ceux qui vont ’égorger.

Le voilà !… — Tout le peuple applaudit et menace
Ce captif, que Céar d’un bra puiant ramae
De temple de Manè aux antre d’Irmenul.
Il entrent tour à tour, et le licteur le nomme ;
Vil troupeau, que la mort garde aux plaiir de Rome,
Et que d’un fer brûlant a marqué le conul !

On découvre en leur rang, à leur tête penchée,

De juif, traînant partout une honte cachée ;
Plu loin, d’altier gauloi que nul péril n’abat ;
Et d’infâme chrétien, qui, dépouillé d’armure,
Refuant aux bourreaux leur chant ou leur murmure,
Vont ouffrir an orgueil et mourir an combat.

Bientôt, quand rugiront le bête échappée,
Le mur, tout hérié de pique et d’épée,
Livreront cette proie entière à leur fureur. —
Du trône de Céar la pourpre orne le faîte,
Afin qu’un jour plu doux, durant l’ardente fête,
Flatte le yeux divin du clément empereur.

Céar, empereur magnanime,
Le monde, à te plaire unanime,
À te fête doit concourir !
Éternel héritier d’Augute,
Salut ! prince immortel et jute,
Céar ! oi alué par ceux qui vont mourir !

Janvier 1824.