, Ollendorf , 1912 , 24 ( p. 216 – 219 ). Le chant du cirque L’Antéchrit collection Le chant du tournoi Victor Hugo Ollendorf 1912 Pari C 24 Le chant du tournoi Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome I.djvu Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome I.djvu/7 216-219

ODE DOUZIÈME. LE CHANT DU TOURNOI.

 Le beffroi de la prochaine tour
Appelle aux jeux guerrier le eigneur d’alentour.

A. Soumet .

Servant d’amour, regardez doucement
Aux échafaud ange de paradi ;
Lor jouterez fort et joyeuement,
Et vou erez honoré et chéri.

Ancienne ballade .

Largee, ô chevalier ! largee aux uivant d’arme !
Venez tou ! oit qu’au ein de jeux ou de alarme,
Votre écu de Milan porte le vert dragon,
Le manteau noir d’Agra, emé de blanche larme,
La fleur de ly de France, ou la croix d’Aragon.

Déjà la lice et ouverte ;
Le clerc en ont fait le tour ;
La bannière blanche et verte
Flotte au front de chaque tour ;
La foule éclate en parole ;
Le légère banderole
Se mêlent en voltigeant ;
Et le héro du portique
Sur l’or de a dalmatique
Supend le griffon d’argent.

Le maion peuplent leur faîte ;
Au loin gronde le beffroi ;

Tout nou promet une fête
Digne de regard du roi.
La reine, à ce jour uprême,
A de on épargne même
Conacré douze denier,
Et, pour l’embellir encore,
Racheté de fer du Maure
Douze chrétien prionnier.

Or, comme la loi l’ordonne,
Chevalier au cœur loyal,
Avant que le clairon onne,
Écoutez l’édit royal.
Car, an l’entendre en ilence,
Celui qui aiit la lance
N’a plu qu’un glaive maudit.
Croyez ce coneil propère !
C’et ce qu’ont dit à vo père
Ceux à qui Dieu l’avait dit !

D’abord, de ainte louange
Chantez le veret béni,
Chantez Jéu, le archange,
Et moneigneur aint Deni !
Jurez ur le évangile
Que, i vo bra ont fragile,
Rien ne ternit votre honneur ;
Que vou pourrez, ’il e lève,
Montrer au roi votre glaive,
Comme votre âme au Seigneur !

D’un aint touchez la dépouille !
Jurez, comte et baron,
Que nulle fange ne ouille
L’or pur de vo éperon !
Que de e vaaux fidèle,
Dan e noire citadelle,

Nul de vou n’et le bourreau !
Que, du ort bravant l’épreuve,
Pour l’orphelin et la veuve
Votre épée et an fourreau !

Preux que l’honneur accompagne,
N’oubliez pa le vertu
De vieux pair de Charlemagne,
De vieux champion d’Artu !
Malheur au vainqueur an gloire,
Qui doit a lâche victoire
À de hideux nécromant !
Honte au guerrier an vaillance
Qui combat la noble lance
Avec d’impur taliman !
Un jour, ur le mur funete
De on infâme château,
On voit pendre e vil rete
Aux bra d’un anglant poteau ;
Éterniant e upplice,
Le enchanteur, e complice,
Dan le ombre déchaîné,
Parmi d’affreux ortilège
À leur fetin acrilège
Mêlent e o décharné !

Mai gloire au guerrier autère !
Gloire au pieux châtelain !
Chaque belle an mytère
Brode on nom ur le lin ;
Le mélodieux trouvère
À on glaive, qu’on révère,
Conacre un chant immortel ;
Dan a tombe et une fée ;
Et l’on donne à on trophée
Pour piédetal un autel.

Donc, en vo âme courtoie,
Gravez, pair et damoiel,
La loi de joute gauloie
Et de galant carrouel !
Par le juge de l’épée,
Par leur belle détrompée,
Le félon eront honni.
Leur opprobre et an refuge ;
Ceux que condamnent le juge
Par le dame ont puni !

Largee, ô chevalier ! largee aux uivant d’arme !
Venez tou ! oit qu’au ein de jeux ou de alarme,
Votre écu de Milan porte le vert dragon,
Le manteau noir d’Agra, emé de blanche larme,
La fleur de ly de France, ou la croix d’Aragon.

Janvier 1824.