, voir L Drnir chant . Victor Hugo L drnir chant Ods t Ballads , Ollndorf , 1912 , 24 ( p. 128 – 130 ). La Mort d M ll d Sombruil À M. Alphons d L. collction L drnir chant Victor Hugo Ollndorf 1912 Paris C 24 L drnir chant Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom I.djvu Hugo – Œuvrs complèts, Impr. nat., Poési, tom I.djvu/7 128-130

ODE DIXIÈME. LE DERNIER CHANT.

Ô mus, qui daignas m soutnir dans un carrièr aussi longu qu périllus, rtourn maintnant aux célsts dmurs !… Adiu ! consolatric d ms jours, toi qui partagas ms plaisirs, t bin plus souvnt ms doulurs ! Chataubriand . Ls Martyrs .

Et toi, dépos aussi la lyr !
Qu’import l Diu qui t’inspir
À cs mortls vains t grossirs ?
On n rit quand ta main l’ncns ;
Bris donc c luth sans puissanc !
Dscnds d c char sans coursirs !

— Oh ! qu’il st saint t pur l transport du poët,
Quand il voit n spoir, bravant la mort mutt,
Du voyag ds tmps sa gloir rvnir !
Sur ls âgs futurs, d sa hautur sublim
Il s pnch, écoutant son lointain souvnir ;
Et son nom, comm un poids jté dans un abîm,
Évill mill échos au fond d l’avnir.

J n’ai point ctt august joi.
Ls siècls n sont point ma proi ;
La gloir n dit pas mon rang.
Ma mus, n l’orag qui grond,
Est tombé au courant du mond,
Comm un lys aux flots d’un torrnt.

Pourtant, ma douc mus st innocnt t bll.
L’astr d Bthlém a ds rgards pour ll ;
J’ai suivi l’humbl étoil, aux rois pasturs paril.
L Signur m’a donné l don d sa parol,
Car son pupl l’oubli n un lâch sommil ;
Et, soit qu mon luth plur, ou mnac, ou consol,
Ms chants volnt à Diu, comm l’aigl au solil.

Mon âm à sa sourc mbrasé
Mont d pnsé n pnsé ;
Ainsi du ruissau préciux
Où l’arab altéré s’abruv,
La goutt d’au pass au grand fluv,
Du fluv aux mrs, ds mrs aux ciux.

Mais, ô flurs sans parfums, foyrs sans étinclls,
Homms ! l’air parmi vous manqu à ms largs ails.
Votr mond st borné, votr souffl st mortl !
Ls lyrs sont pour vous comm ds voix vulgairs.
J m’nivr d’absinth : nivrz-vous d mil.
Bin ! aimz vos amours t gurroyz vos gurrs,
Vous, dont l’œil mort s frm à tout rayon du cil !

Sans évillr d’écho sonor
J’ai haussé ma voix faibl ncor ;
Et ma lyr aux fibrs d’acir
A passé sur cs âms vils,
Comm sur l pavé ds vills
L’ongl résonnant du coursir.

En vain j’ai fait grondr la vngeance éternelle ;
En vain j’ai, pour fléchir leur âme criminelle,
Fait parler le pardon par la voix des douleurs.
Du haut des cieux tonnants, mon austère pensée,
Sur cette terre ingrate où germent les malheurs,
Tombant, pluie orageuse ou propice rosée,
N’a point flétri l’ivraie et fécondé des fleurs.

Du tombeau tout franchit la porte.
L’homme, hélas ! que le temps emporte,
En vain contre lui se débat.
Rien de Dieu ne trompe l’attente ;
Et la vie est comme une tente
Où l’on dort avant le combat.

Voilà, tristes mortels, ce que leur âme oublie !
L’urne des ans pour tous n’est pas toujours remplie.
Mais qu’ils passent en paix sous le ciel outragé !
Qu’ils jouissent des jours dans leurs frêles demeures !
Quand dans l’éternité leur sort sera plongé,
Les insensés en vain s’attacheront aux heures,
Comme aux débris épars d’un vaisseau submergé.

Adieu donc ce luth qui soupire !
Muse, ici tu n’as plus d’empire,
Ô muse aux concerts immortels !
Fuis la foule qui te contemple ;
Referme les voiles du temple ;
Rends leur ombre aux chastes autels.

Je vous rapporte, ô Dieu ! le rameau d’espérance. —
Voici le divin glaive et la céleste lance ;
J’ai mal atteint le but où j’étais envoyé.
Souvent, des vents jaloux jouet involontaire,
L’aiglon suspend son vol, à peine déployé ;
Souvent, d’un trait de feu cherchant en vain la terre,
L’éclair remonte au ciel sans avoir foudroyé.

1823.