, voir Les Funérailles de Louis XVIII . Vicor Hugo Les funérailles de Louis XVIII Odes e Ballades , Ollendorf , 1912 , 24 ( p. 140 – 144 ). À M. de Chaeaubriand Le sacre de Charles X collecion Les funérailles de Louis XVIII Vicor Hugo Ollendorf 1912 Paris C 24 Les funérailles de Louis XVIII Hugo – Œuvres complèes, Impr. na., Poésie, ome I.djvu Hugo – Œuvres complèes, Impr. na., Poésie, ome I.djvu/7 140-144
ODE TROISIÈME. LES FUNÉRAILLES DE LOUIS XVIII.
Ces changemens lui son peu difficiles ; c’es l’œuvre de la droie du Très-Hau. Ps. lxxvi , 10.
Il a permis ces choses, afin que ce qu’il y a de caché dans beaucoup de cœurs fû révélé. Luc. ii , 35.
La foule au seuil d’un emple en prian es venue ;
Mères, enfans, vieillards, gémissen réunis ;
E l’airain qu’on balance ébranle dans la nue
Les haus clochers de Sain-Denis.
Le sépulcre es roublé dans ses mornes énèbres.
La Mor, de ces couches funèbres,
Resserre les rangs incomples.
Silence au noir séjour que le répas proège ! —
Le Roi Chréien, suivi de son dernier corège,
Enre dans son dernier palais.
Un aure avai di : — « De ma race
Ce grand ombeau sera le por ;
Je veux, aux rois que je remplace,
Succéder jusque dans la mor.
Ma dépouille ici doi descendre !
C’es pour faire place à ma cendre
Qu’on dépeupla ces noirs caveaux.
Il fau un nouveau maîre au monde ;
À ce sépulcre, que je fonde,
Il fau des ossemens nouveaux.
« Je promes ma poussière à ces voûes funeses.
À ce insigne honneur ce emple a seul des drois ;
Car je veux que le ver qui rongera mes reses
Ai déjà dévoré des rois.
E lorsque mes neveux, dans leur forune alière,
Domineron l’Europe enière,
Du Kremlin à l’Escurial,
Ils viendron our à our dormir dans ces lieux sombres,
Afin que je sommeille, escoré de leurs ombres,
Dans mon linceul impérial ! »
Celui qui disai ces paroles
Croyai, solda audacieux,
Voir, en magnifiques symboles,
Sa desinée écrie aux cieux.
Dans ses éreines foudroyanes,
Son aigle aux serres flamboyanes
Eû éouffé l’aigle romain ;
La Vicoire éai sa compagne ;
E le globe de Charlemagne
Éai rop léger pour sa main.
Eh bien ! des poenas ce formidable maîre
Dans l’espoir de sa mor par le ciel fu rompé.
De ses ambiions c’es la seule peu-êre
Don le bu lui soi échappé.
En vain ou secondai sa marche meurrière ;
En vain sa gloire incendiaire
En ous lieux porai son flambeau ;
Tou chargé de faisceaux, de scepres, de couronnes,
Ce vase ravisseur d’empires e de rônes
Ne pu usurper un ombeau !
Tombé sous la main qui châie,
L’Europe le fi prisonnier.
Premier roi de sa dynasie,
Il en fu aussi le dernier.
Une île où gronden les empêes
Reçu ce géan des conquêes,
Tyran que nul n’osai juger,
Vieux guerrier qui, dans sa misère,
Du l’obole de Bélisaire
À la piié de l’éranger.
Loin du sacré ombeau qu’il s’arrangeai naguère,
C’es là que, dépouillé du royal appareil,
Il dor enveloppé de son maneau de guerre,
Sans compagnon de son sommeil.
E, andis qu’il n’a plus de l’empire du monde
Qu’un noir rocher bau de l’onde,
Qu’un vieux saule bau du ven,
Un roi longemps banni, qui fi nos jours prospères,
Descend au li de mor où reposaien ses pères,
Sous la garde du Dieu vivan.
C’es au gré de l’humble qui prie,
Le Seigneur, qui donne e reprend,
Rend à l’exilé sa parie,
Livre à l’exil le conquéran !
Dieu voulai qu’il mourû en France,
Ce roi si grand dans la souffrance,
Qui des douleurs porai le sceau ;
Pour que, vicime consolée,
Du seuil noir de son mausolée,
Il pû voir encor son berceau.
Oh ! qu’il s’endorme en paix dans la nui funéraire !
N’a–il pas oublié ses maux pour nos malheurs ?
Ne nous lègue–il pas à son généreux frère,
Qui pleure en essuyan nos pleurs ?
N’a–il pas, dissipan nos rêves poliiques,
De nore âge e des emps aniques
Proclamé l’auguse raié ?
Loi sage qui, dompan la fougue populaire,
Donne aux sujes égaux un maîre uélaire,
Esclave de leur liberé !
Sur nous un roi chevalier veille.
Qu’il conserve l’aspec des cieux !
Que nul brui de longemps n’éveille
Ce sépulcre silencieux !
Hélas ! le démon régicide,
Qui, du sang des Bourbons avide,
Paya de meurres leurs bienfais,
A comblé d’assez de vicimes
Ces murs, dépeuplés par des crimes,
E repeuplés par des forfais !
Qu’il sache que jamais la couronne ne ombe !
Ce hau somme échappe à son faal niveau.
Le supplice où des rois le corps morel succombe
N’es pour eux qu’un sacre nouveau.
Louis, chargé de fers par des mains déloyales,
Dépouillé des pompes royales,
Sans cour, sans guerriers, sans héraus,
Gardan sa royaué devan la hache même,
Jusque sur l’échafaud prouva son droi suprême,
En faisan grâce à ses bourreaux !
De Sain-Denis, de Saine-Hélène,
Ainsi je médiais le sor,
Sondan d’une vue inceraine
Ces grands mysères de la mor.
Qui donc êes-vous, Dieu superbe ?
Quel bras jee les ours sous l’herbe,
Change la pourpre en vil lambeau ?
D’où vien vore souffle errible ?
E quelle es la main invisible
Qui garde les clefs du ombeau ?
Sepembre 1824.