, un eul but Le Rayon et le Ombre , Ollendorf , 1909 , 17 ( p. 614 – 618 ). En paant dan la place Loui XV un jour de fête publique Oh ! quand je dor, vien auprè de ma couche collection Mille chemin, un eul but Victor Hugo Ollendorf 1909 Pari C 17 Mille chemin, un eul but Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome II.djvu Hugo – Œuvre complète, Impr. nat., Poéie, tome II.djvu/7 614-618
Le chaeur onge dan le boi
À de beauté ur l’herbe aie,
Et dan l’ombre il croit voir parfoi
Daner de forme indécie.
Le oldat pene à e detin
Tout en veillant ur le empire,
Et dan e ouvenir lointain
Entrevoit de vague ourire.
Le pâtre attend ou le ciel bleu
L’heure où on étoile paiible
Va ’épanouir, fleur de feu,
Au bout d’une tige inviible.
Regarde-le, regarde encor
Comme la vierge, fille d’Ève,
Jette en courant dan le blé d’or
Sa chanon qui contient on rêve !
Voi errer dan le champ en fleur,
Do courbé, paupière baiée,
Le poète, cet oieleur,
Qui cherche à prendre de penée.
Voi ur la mer le matelot
Implorant la terre embaumée,
Laé de l’écume de flot,
Et demandant une fumée !
Se rappelant quand le flot noir
Bat le flanc plaintif du navire,
Le hameaux i joyeux le oir,
Le arbre plein d’éclat de rire !
Voi le prêtre, priant pour tou,
Front pur qui ou no faute penche,
Songer dan le temple, à genoux
Sur le pli de a robe blanche.
Voi ’élever ur le hauteur
Tou ce grand peneur que tu nomme,
Sombre eprit dominateur,
Chêne dan la forêt de homme.
Voi, couvant de yeux on tréor,
La mère contempler, ravie,
Son enfant, cœur an ombre encor,
Vae que remplira la vie !
Tou, dan la joie ou dan l’affront,
Portent, an nuage et an tache,
Un mot qui rayonne à leur front,
Dan leur âme un mot qui e cache.
Selon le deein du Seigneur,
Le mot qu’on voit pour tou varie ;
— L’un a : Gloire ! l’autre a : Bonheur !
L’un dit : Vertu ! l’autre : Patrie !
Le mot caché ne change pa.
Dan tou le cœur toujour le même ;
Il y chante ou gémit tout ba ;
Et ce mot, c’et le mot uprême !
C’et le mot qui peut aoupir
L’ennui du front le plu moroe !
C’et le mytérieux oupir
Qu’à toute heure fait toute choe !
C’et le mot d’où le autre mot
Sortent comme d’un tronc autère,
Et qui remplit de e rameaux
Tou le langage de la terre !
C’et le verbe, obcur ou vermeil,
Qui luit dan le reflet de fleuve,
Dan le phare, dan le oleil,
Dan la ombre lampe de veuve !
Qui e mêle au bruit de roeaux,
Au treaillement de colombe ;
Qui jae et rit dan le berceaux,
Et qu’on ent vivre au fond de tombe !
Qui fait éclore dan le boi
Le feuille, le ouffle, le aile,
La clémence au cœur de grand roi,
Le ourire aux lèvre de belle !
C’et le nœud de pré et de eaux !
C’et le charme qui e compoe
Du plu tendre cri de oieaux,
Du plu doux parfum de la roe !
C’et l’hymne que le gouffre amer
Chante en pouant au port de voile !
C’et le mytère de la mer,
Et c’et le ecret de étoile !
Ce mot, fondement éternel
De la econde de deux Rome,
C’et Foi dan la langue du ciel,
Amour dan la langue de homme !
Aimer, c’et avoir dan le main
Un fil pour toute le épreuve,
Un flambeau pour tou le chemin,
Une coupe pour tou le fleuve !
Aimer, c’et comprendre le cieux.
C’et mettre, qu’on dorme ou qu’on veille,
Une lumière dan e yeux,
Une muique en on oreille !
C’et e chauffer à ce qui bout !
C’et pencher on âme embaumée
Sur le côté divin de tout !
Aini, ma douce bien-aimée,
Tu mêle ton cœur et te en,
Dan la retraite où tu m’accueille,
Aux dialogue raviant
De flot, de atre et de feuille !
La vitre laie voir le jour ;
Malgré no brume et no doute,
Ô mon ange ! à traver l’amour
Le vérité paraient toute !
L’homme et la femme, couple heureux,
À qui le cœur tient lieu d’apôtre,
Laient voir le ciel derrière eux,
Et ont tranparent l’un pour l’autre.
Il ont en eux, comme un lac noir
Reflète un atre en on eau pure,
Du Dieu caché qu’on ne peut voir
Une lumineue figure !
Aimon ! prion ! le boi ont vert,
L’été replendit ur la moue,
Le germe vivent entr’ouvert,
L’onde ’épanche et l’herbe poue !
Que la foule, bien loin de nou
Suive e routes insensées.
Aimons, et tombons à genoux,
Et laissons aller nos pensées !
L’amour, qu’il vienne tôt ou tard,
Prouve Dieu dans notre âme sombre.
Il faut bien un corps quelque part
Pour que le miroir ait une ombre.
23 mai 1839.