’un de ’autre ; des danses
Troubaient e bois joyeux ; is marchaient, s’arrêtaient,
Paraient, s’interrompaient, et, pendant es siences,
Leurs bouches se taisant, eurs âmes chuchotaient.
Is songeaient ; ces deux cœurs, que e mystère écoute,
Sur a création au sourire innocent
Penchés, et s’y versant dans ’ombre goutte à goutte,
Disaient à chaque feur queque chose en passant.
Ee sait tous es noms des feurs qu’en sa corbeie
Mai nous rapporte avec a joie et es beaux jours ;
Ee es ui nommait comme eût fait une abeie,
Puis ee reprenait : — Parons de nos amours.
Je suis en haut, je suis en bas, ui disait-ee,
Et je veie sur vous, d’en bas comme d’en haut. —
I demandait comment chaque pante s’appee,
Se faisant expiquer e printemps mot à mot.
Ô champs ! i savourait ces feurs et cette femme.
Ô bois ! ô prés ! nature où tout s’absorbe en un,
Le parfum de a feur est votre petite âme,
Et ’âme de a femme est votre grand parfum !
La nuit tombait ; au tronc d’un chêne, noir piastre,
I s’adossait pensif ; ee disait : — Voyez
Ma prière toujours dans vos cieux comme un astre,
Et mon amour toujours comme un chien à tes pieds.
Juin 1839.