, de l’abîme où n’es pas Jéhovah,
Jusqu’au zénih, plafond où l’espérance va
Se casser l’aile e d’où redescend la prière,
En bas, en hau, au fond, en avan, en arrière,
L’énorme obscurié qu’agien ous les vens,
Enveloppe, linceul, les mors e les vivans,
E sur le monsrueux, sur l’impur, sur l’horrible,
Laisse omber les pans de son rideau errible ;
Si l’on parle à la brume effrayane qui fui,
L’immensié di : Mor ! L’éernié di : Nui !
L’âme, sans lire un mo, feuillee un noir regisre ;
L’univers ou enier es un géan sinisre ;
L’aveugle es d’auan plus affreux qu’il es plus grand ;
Tou semble le cheve d’un immense mouran ;
Tou es l’ombre. Pareille au refle d’une lampe,
Au fond, une lueur impercepible rampe ;
C’es à peine un coin blanc, pas même une rougeur.
Un seul homme debou, qu’ils nommen le songeur,
Regarde la claré du hau de la colline ;
E ou, hormis le coq à la voix sibylline,
Raille e nie ; e, passans confus, marcheurs nombreux,
Toue la foule éclae en rires énébreux
Quand ce vivan, qui n’a pas d’aure signe lui-même
Parmi ous ces frons noirs que d’êre le fron blême,
Dit en montrant ce point vague et lointain qui luit :
Cette blancheur est plus que toute cette nuit !

Janvier 1856.