poème

XXXIX

Avant que mes chansons aimées

Romance.

Avant que mes chansons aimées,
Si jeunes et si parfumées,
Du monde eussent subi l’affront,
Loin du peuple ingrat qui les foule,
Comme elles fleurissaient en foule,
Vertes et fraîches sur mon front !

De l’arbre à présent détachées,
Fleurs par l’aquilon desséchées,
Vains débris qu’on traîne en rêvant,
Elles errent éparpillées,
De fange ou de poudre souillées,
Au gré du lot, au gré du vent.

Moi, comme des feuilles flétries,
Je les vois, toutes défleuries,
Courir sur le sol dépouillé ;
Et la foule qui m’environne,
En broyant du pied ma couronne,
Passe et rit de l’arbre effeuillé !

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L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré.