poème

V

En voyant flotter sur la Seine des cadavres prussiens

EN VOYANT FLOTTER SUR LA SEINE

DES CADAVRES PRUSSIENS

Oui, vous êtes venus et vous voilà couchés ;
Vous voilà caressés, portés, baisés, penchés,
Sur le souple oreiller de l’eau molle et profonde ;
Vous voilà dans les draps froids et mouillés de l’onde ;
C’est bien vous, fils du Nord, nus sur le flot dormant !
Vous fermez vos yeux bleus dans ce doux bercement.
Vous aviez dit : « — Allons chez la prostituée.
Babylone, aux baisers du monde habituée,
Est là-bas ; elle abonde en rires, en chansons ;
C’est là que nous aurons du plaisir ; ô Saxons,
Ô Germains, vers le Sud tournons notre œil oblique,
Vite ! en France ! Paris, cette ville publique,
Qui pour les étrangers se farde et s’embellit,
Nous ouvrira ses bras… » — Et la Seine son lit.

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L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré.