poème

VIII

À l’arc de triomphe de l’Étoile

Non deficit alterVirgile.

I

La France a des palais, des tombeaux, des portiques,
De vieux châteaux tout pleins de bannières antiques,
Héroïques joyaux conquis dans les dangers ;
Sa pieuse valeur, prodigue en fiers exemples,
Pour parer ces superbes temples,
Dépouille les camps étrangers.

On voit dans ses cités, de monuments peuplées,
Rome et ses dieux, Memphis et ses noirs mausolées ;
Le lion de Venise en leurs murs a dormi ;
Et quand, pour embellir nos vastes Babylones,
Le bronze manque à ses colonnes,
Elle en demande à l’ennemi !

Lorsque luit aux combats son armure enflammée,
Son oriflamme auguste et de lys parsemée
Chasse les escadrons ainsi que des troupeaux ;
Puis elle offre aux vaincus des dons après les guerres,
Et, comme des hochets vulgaires,
Y mêle leurs propres drapeaux.

II

Arc triomphal ! la foudre, en terrassant ton maître,
Semblait avoir frappé ton front encore à naître.
Par nos exploits nouveaux te voilà relevé !
Car on n’a pas voulu, dans notre illustre armée,
Qu’il fût de notre renommée
Un monument inachevé !

Dis aux siècles le nom de leur chef magnanime.
Qu’on lise sur ton front que nul laurier sublime
À des glaives français ne peut se dérober.
Lève-toi jusqu’aux cieux, portique de victoire !
Que le géant de notre gloire
Puisse passer sans se courber !

Novembre 1823.

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L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré.