poème

XX

J’ai beau comme un imbécile

J’ai beau comme un imbécile
Regarder dans ma maison,
Si bien qu’on dit dans la ville
Que j’ai perdu la raison,

J’ai beau chercher ; elle est morte.
Elle ne reviendra pas.
Elle est partie, et la porte
Est encore ouverte, hélas !

Je tressaille quand on sonne.
Je l’attends, j’en fais l’aveu.
Où sont ces beaux jours d’automne
Quand elle était là, mon Dieu !

Cette âme s’en est allée.
Elle a fui, moi demeurant.
La nuit, à l’ombre étoilée
Je tends les bras en pleurant.

Je m’accoude à ma fenêtre,
Je songe aux jours révolus.
Hélas ! ce pauvre doux être
Qui chantait, je ne l’ai plus !

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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