poème

XXIII

Sous terre

— Laisse-moi. ― Non. ― Ô griffe sombre,
Bouche horrible ! ô torture ! ô deuil !
Pourquoi te glisses-tu dans l’ombre
Par les fentes de mon cercueil ?

— Il faut renouveler ma sève,
Ô mort, voici le doux été.
Toute la nature qui rêve,
Spectre, a besoin de ma beauté !

Il faut qu’aucun lys ne m’efface ;
L’abeille attend de moi le miel ;
Il me faut un parfum qui fasse
Pâmer les cygnes dans le ciel.

Je dois orner l’antre morose ;
Je dois sourire au soir boudeur,
Et donner à tout quelque chose
De ma grâce et de ma splendeur.

Il faut que je pare le voile
Des vierges au lever du jour,
Que je respire pour l’étoile,
Que je rougisse pour l’amour.

Et pendant que l’aube m’arrose,
Ma racine vers toi descend.
— Qui donc es-tu ? ― Je suis la rose.
— Et que veux-tu ? ― Boire ton sang.

suggestion

Recueils
Populaires

I

44 poèmes

II

Le Livre dramatique

Pièce de théâtre

*

III

57 poèmes

La Destinée

En plantant le chêne des États-Ubis d'Europe

NEWSLETTER

Recevez chaque jour de l’année un poème de Victor Hugo

citation

« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

Poésie

Ces vers appartiennent au domaine public, mais cette édition est protégée.

Le clic droit est désactivé sur ce site.