poème

XXXVI

Oh ! quoique je sois, sur la grève

Oh ! quoique je sois, sur la grève,
Le flocon d’écume qui fuit,
Quoique je n’aie en moi qu’un rêve,
Quoique je sois poussière et nuit,

Quoique je sois un peu de boue,
Un ver parmi les vers humains,
Écrasé par ces tours de roue
Qu’on appelle les lendemains,

Quoique le mal m’ait dans sa serre,
Quoique je sois nu, faible, obscur,
Quoique je sois fait de misère
Et que tu sois faite d’azur,

Sans fléchir dans ta confiance,
Sans te rebuter dans ta foi,
Sainte servante, conscience
Tu vas dans l’ombre devant moi !

Tu vas devant moi, toujours prête,
Et tu me montres le chemin ;
Le voile du sort sur ta tête,
La lampe de Dieu dans ta main !

Tu me dis : ― Ta croix te réclame.
Debout ! c’est ailleurs qu’on s’assied. ―
Tu me dis : ― Cache ici ton âme.
Tu me dis : ― Pose ici ton pied.

Tu dis : ― La tristesse est meilleure.
L’ombre et le deuil sont nos amis. ―

Et tu souris lorsque je pleure,
Et tu chantes quand je gémis.

Tu m’éclaires, calme et ravie,
Marche à marche, avec ton flambeau,
Toutes les douleurs de la vie,
Sombre descente du tombeau.

suggestion

Recueils
Populaires

I

44 poèmes

II

Le Livre dramatique

Pièce de théâtre

*

III

57 poèmes

La Destinée

En plantant le chêne des États-Ubis d'Europe

NEWSLETTER

Recevez chaque jour de l’année un poème de Victor Hugo

citation

« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

Poésie

Ces vers appartiennent au domaine public, mais cette édition est protégée.

Le clic droit est désactivé sur ce site.