poème

XXIX

Ce que c’est que de sortir un numéro du Constitutionnel

Il fait beau ; l’air est pur ; le ciel est d’un bleu tendre ;
À bas l’hiver. Géronte, adieu ; bonjour, Clitandre,
Je ne me le fais pas dire deux fois, l’été
Nous appelle, et l’idylle est mise en liberté ;
Ah ! je profiterai, certes, de l’ouverture
Des portes, puisque avril nous livre la nature,
Et puisque le printemps nous invite à venir
Entendre les chevaux de l’aurore hennir.
Mon programme est ceci : là-haut des voix divines ;
Les fleurs prendront des airs penchés dans les ravines ;
Lalagé se mettra des roses sur le front,
Et rira ; les rayons des deux sexes pourront
Se mêler ; le gazon sera sans pruderie ;
Les bois murmureront Ici l’on se marie ;
Et l’arbre aura tant d’ombre et les cœurs tant de feu
Qu’on ne trouvera pas un seul défaut à Dieu ;
Pan nous laissera voir sa grande âme attendrie ;
La nature sera pleine de rêverie ;
Rien ne se gênera pour vivre et pour aimer ;
Par des chuchotements on s’entendra nommer,
Et l’on croira qu’au fond les oiseaux nous connaissent ;
Les cieux, les eaux, les prés où les églogues naissent,
Seront presque aussi beaux qu’un décor d’opéra ;
Les papillons feront tout ce qui leur plaira ;
Les nids échangeront tout bas et sous les branches
De libres questions et des réponses franches,
Et je respirerai l’odeur des liserons,
Et l’ombre sera tiède, et nous mépriserons
Ensemble au fond des bois, ô nymphes de Sicile,
Barbey d’Aurevilly ; l’effroyable imbécile.

8 mai.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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