poème

XXXVII

Ô poëte ! pourquoi tes stances favorites

Ô poëte ! pourquoi tes stances favorites
Marchent-elles toujours cueillant des marguerites,
Toujours des liserons et toujours des bleuets,
Et vont-elles s’asseoir au fond des bois muets
Laissant sur leurs pieds nus, lavés par les eaux pures,
Ruisseler les cressons comme des chevelures ?
Pourquoi toujours les champs et jamais les jardins ?
D’où te viennent, rêveur, ces étranges dédains ?
Loin des buis rehaussant le sable des allées,
Loin du riant parterre aux touffes étoilées,
Bordé d’œillets en foule empressés à s’ouvrir,
Pourquoi fuir, et pourquoi ne pas faire fleurir
Dans tes vers, où sourit l’heureux printemps qui t’aime,
Le blanc camélia, le jaune chrysanthème ?
Et le poëte dit : Nous y viendrons un jour.
Versez dans vos jardins plus de joie et d’amour.
La rêverie a peur des portes et des grilles.
La Liberté, parmi les socs et les faucilles,
Chante dans les prés verts et rit sous le ciel bleu.
L’homme fait le jardin, les champs sont faits par Dieu.

19 juin 1839.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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