poème

IV

Aucune aile ici-bas n’est pour longtemps posée

Aucune aile ici-bas n’est pour longtemps posée.
Quand elle était petite, elle avait un oiseau ;
Elle le nourrissait de pain et de rosée,
Et veillait sur son nid comme sur un berceau.
Un soir il s’échappa. Que de plaintes amères !
Dans mes bras en pleurant je la vis accourir… —
Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères,
Les oiseaux s’envoler et les enfants mourir !
C’est une loi d’en haut qui veut que tout nous quitte.
Le secret du Seigneur, nous le saurons un jour.
Elle grandit. La vie, hélas ! marche si vite !
Elle eut un doux enfant, un bel ange, un amour.
Une nuit, triste sort des choses éphémères !
Cet enfant s’éteignit, sans pleurer, sans souffrir… —
Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères,
Les oiseaux s’envoler et les enfants mourir !

22 juin 1842.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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