poème

XIX

Y pensez-vous ? l’État à l’Église mêlé !

Y pensez-vous ? l’état à l’église mêlé !
Mais par où vit l’état, l’autel est ébranlé !
Mais de ce que l’un fait l’autre se scandalise !
Ou dans l’état froissé vous installez l’église,
Ou bien vous déformez, par un autre attentat,
L’église en y faisant de force entrer l’état.
Alors tout se confond. L’intrigue dit la messe.
Alors de ses péchés au crime on se confesse.
Alors je ne sais quoi de triste et de petit
Entre le prêtre et Dieu sur l’autel se blottit.
C’est l’état : — C’est à-dire un immonde mélange
De mille objets honteux ; un tas d’or et de fange ;
L’intérêt, nain hideux ; la brigue, impur démon
Qui met des sens cachés dans les plis d’un sermon.
Alors c’est le boudoir qui se fait sacristie,
C’est un festin coupable où l’on mange l’hostie.
C’est un ensemble vil, morne, déshonoré,
Où le profane vit guindé sur le sacré ;
C’est le manteau du roi que le prêtre s’agrafe.
C’est l’église prêtant sa tour au télégraphe.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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