poème

Aie une muse belluaire

Aie une muse belluaire,
Sinon tu seras dévoré.
Le ciel t’offre un double suaire,
L’un étoilé, l’autre azuré.

Va, revêts-les l’un après l’autre ;
Et verse aux hommes, tour à tour,
Justicier sombre ou tendre apôtre,
Tantôt l’ombre et tantôt le jour.

Sois la nuit qui montre les astres ;
Puis sois le soleil tout à coup,
Témoin des biens et des désastres,
Éclairant tout, éclipsant tout.

Car tu ressembles au prophète
Qui foudroyait et souriait ;
Et ton âme de flots est faite
Comme l’océan inquiet.

Sois par l’aigle et par la chouette
Contemplé dans l’horreur des bois ;
Sois l’immobile silhouette ;
Sois la lueur et sois la voix.

Le psaltérion formidable
Vibre en tes mains, ô barde roi,
Esprit, poëte, âme insondable !
Une aurore est derrière toi.

L’ange en passant te fait des signes ;
Les lions te suivent des yeux ;
Et, comme sept immenses lignes
S’allongeant de la terre aux cieux,

On voit, grâce à toi qui sais lire
Dans le cœur des hommes mouvants,
L’ombre des cordes de la lyre
Sur tout ce que font les vivants.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

Poésie

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