poème

XXXI

À Meurice – À Vacquerie

Hélas ! comme c’est peu compris, les grandes âmes !
L’orage était bien noir quand nous nous rencontrâmes ;
Je livrais au vieux monde un assaut hasardeux ;
Je luttais ; vous, tribuns de l’art, maîtres tous deux,
Forts, dressant devant moi votre épée étoilée,
Vous me prîtes la main dans l’ardente mêlée ;
Et dans ce siècle, où l’âme est en proie aux moqueurs,
Je fus le combattant, vous êtes les vainqueurs.
Quand s’ouvrit l’âpre exil aux froides casemates,
Proscrit, vous me suiviez, et haï, vous m’aimâtes.
J’ai le flot à dompter, j’ai la nuit à franchir ;
Je vous cherche en mon ciel que vous faites blanchir ;
Ainsi le nautonier battu des mers obscures
Épiait le lever des lointains Dioscures.

Ah ! vous vous oubliez, vous qu’on n’oubliera pas !
C’est grand. Vous me tirez de l’ombre pas à pas,
Vous me rouvrez le port, vous me rendez les fêtes,
Je sens l’apaisement des profondes tempêtes,
Et je vous aime, ô vous sur qui je m’attendris,
D’unir des cœurs si doux à de si fiers esprits !

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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