poème

XXI

C’est à coups de canon qu’on rend le peuple heureux

C’est à coups de canon qu’on rend le peuple heureux.
Nous sommes revenus de tous ces grands mots creux :
— Progrès, fraternité, mission de la France,
Droits de l’homme, raison, liberté, tolérance. ―
Socrate est fou ; lisez Lélut qui le confond ;
Christ, fort socialiste et démagogue au fond,
Est une renommée en somme très surfaite.
Terre ! L’obus est Dieu, Paixhans est son prophète.
Vrai but du genre humain : tuer correctement.
Les hommes, dont le sabre est l’unique calmant,
Ont le boulet rayé pour chef-d’œuvre ; leur astre,
C’est la clarté qui sort d’une bombe Lancastre,
Et l’admiration de tout peuple poli
Va du mortier Armstrong au canon Cavalli.
Dieu s’est trompé ; César plus haut que lui s’élance ;
Jéhovah fit le verbe et César le silence.
Parler, c’est abuser ; penser, c’est usurper.
La voix sert à se taire et l’esprit à ramper.
Le monde est à plat ventre, et l’homme, altier naguère,
Doux et souple aujourd’hui, tremble. ― Paix ! dit la guerre.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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