poème

XIII

Je me fais paysan comme eux. Cela te fâche ?

Je me fais paysan comme eux. Cela te fâche ?
Non. Le cercle où chacun se courbe sur sa tâche,
L’homme tissant la paille et la femme le fil,
Où le travail fait grave et doux chaque profil,
Le soir, près du foyer aux lueurs assoupies,
À l’heure où l’on n’entend que le vol noir des pies,
Et de rares sabots courant dans les sentiers,
Les mains sur les genoux, j’écoute volontiers
Le racontage vrai des amours de village :
Comme Pierre et Toinon s’adoraient avant l’âge ;
Comme Anne était hardie à douze ans, d’envier
Sa sœur Marthe embrassant maître Yvon le bouvier ;
Récit réel d’où sort une odeur de feuillées,
Et qui, soudain, au souffle effaré des veillées,
S’envole, comme au vent la bulle de savon
Nuance d’arc-en-ciel, Marthe embrassant Yvon,
Perd toute forme humaine, enfle, et se dégingande,
En conte où Puck badine avec la fée Urgande.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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