poème

XXIV

La peau de tigre

La peau de tigre

Quand la marquise était avec le roi fâchée,
Avant l’invention d’Esther par Mardochée,
Afin que chez Vasti Sa Majesté rentrât,
Il fallait mieux qu’un prince et plus qu’un magistrat ;
Il fallait, pour conduire Alcandre à Cydalise,
Quelqu’un qui fût lettré, mais qui fût de l’église ;
Pour porter les soupirs, pour mettre à l’entretien
Du maître et de la belle un peu d’accent chrétien,
Il convenait d’avoir en cour un personnage
Qui, sage par sa robe et grave par son âge,
Fût superbement prêtre et saintement valet ;
Il fallait un pieux porte voix ; il fallait,
Pour qu’une bouche ayant d’austères habitudes,
Chère aux vices pédants, clémente aux fautes prudes,
Pût au besoin donner leur sens aux demi mots,
Que monsieur Bossuet fût évêque de Meaux.
Certes, ce prêtre était farouche ; il avait l’âme
Faite d’ombre, d’éclairs, de colère et de flamme ;
Les Cévennes ont vu rugir ce sombre abbé,
Et quand le roi montait l’escalier dérobé,
Ce tigre était là ; mais il servait de descente
Au lit où Montespan palpitait, rougissante.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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