poème

XIV

Tu volais donc mes bœufs

Tu volais donc mes bœufs.
— C’en est fait de ma peau.
— Tu n’as pas de turban ?
— Pas même de chapeau.
— Prends celui-ci.
— La mode en cette capitale
Est-elle qu’on vous coiffe avant qu’on vous empale ?
— Tes habits sont troués.
— Monseigneur le sultan,
C’est vrai.
— Mets ce caftan.
— Moi !
— Toi. Mets ce caftan.
Esclaves, approchez. Choisis les trois plus belles.
— Moi !
— Je choisis pour toi. Prends ces trois-là.
— Lesquelles ?
Ces trois astres ! J’ai peur.

— Ces troupeaux sont à toi.
— À moi !
— Prends ce collier, présent d’un ancien roi.
— Qu’il est lourd ! un collier d’or massif ! Ça m’achève.
Ah çà ! je n’y comprends rien du tout. C’est un rêve.
À moi ton turban vert, à moi ton caftan bleu !
Et tu me mets au cou ce collier d’or ! Au lieu
De me couper la tête ou de me faire pendre !
Tu me donnes, à moi qui voulais te les prendre,
Tes troupeaux, et de plus trois femmes pour moi seul !
— N’as-tu donc pas été l’hôte de mon aïeul ?

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

Poésie

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