poème

XL

Un jour que je songeais à Dieu, j’ai reconnu

Un jour que je songeais, à Dieu, j’ai reconnu
Que l’homme ici vient nu pour s’en retourner nu,
Que la tombe et la crèche ont des rapports étranges,
Qu’on naît dans un linceul et qu’on meurt dans des langes,
Et, qu’eût-on été grand, superbe et triomphant,
A force de vieillesse on redevient enfant.
Amour, pouvoir, richesse, honneurs, apothéoses,
Tous les biens d’ici-bas passent comme les choses
Qu’aperçoit dans la plaine un voyageur de nuit.
Voir un peu de lumière, entendre un peu de bruit,
C’est là toute la vie. On marche ; on fait sa route ;
L’un consulte la foi ; l’autre écoute le doute ;
La clarté qui nous luit nous conduit-elle au port ?
On ne sait. On se dit, à l’heure de la mort :
Ai-je suivi la vraie ? ai-je suivi la fausse ?
Puis on est au hasard jeté dans une fosse ;
Ou l’on s’en va, chargé du poids d’un monument,
Attendre le clairon du dernier jugement,
Couché de tout son long sans ouvrir la paupière,
Seul dans l’intérieur d’une chambre de pierre.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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