poème

XXXIX

Dans le cimetière de ***

Je priais, recueilli dans ma pensée. intime.
Le cimetière est doux au deuil silencieux
A cette heure où le soir ineffable et sublime
Vient à la paix des morts mêler la paix des cieux.
J’entendis qu’on marchait, je levai les paupières ;
Le vent remuait l’herbe autour des crucifix,
Et je vis à pas lents venir parmi les pierres
Un aïeul par la main menant son petit-fils.
Ému, j’interrompis mes funèbres extases,
Pour les suivre des yeux et tout bas les bénir.
Un vieillard ! un enfant ! ô mystérieux vases !
L’un rempli du passé, l’autre de. l’avenir !
Cette petite main dans cette main débile
Me rappelait des jours enfuis, des jours meilleurs !
Le vieillard, par moments s’arrêtant immobile,
Regardait les tombeaux ; l’enfant cherchait des fleurs.
Le vieillard regardait les sépulcres dans l’ombre,
Comme si, morne et blême et baigné de sueur,
A force d’y fixer son oeil profond et sombre,
Il en faisait sortir quelque étrange lueur !

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

Poésie

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