poème

III

À une religieuse

Dans vos dévotions que comprend ma pensée,
Ne vous détournez pas comme une âme blessée,
Sainte fille du ciel, oh non ! je n’ai pas ri.
Mon cœur d’un Dieu rêveur de tout temps fut l’abri.
Et ce que je vénère avant tout dans ce monde
C’est l’homme, raison calme et passion profonde,
Qui fait la part de tout, à toute heure, en tout lieu,
Debout devant le sort, à genoux devant Dieu.
Voyez-vous, je suis né sous des regards austères ;
Et ma joie ingénue en de graves mystères
A souvent regardé sans risée et sans peur.
La belle enfance, ainsi qu’une blanche vapeur,
Toujours dans notre esprit reparaît et surnage ;
Et moi, je m’en souviens, jouant dans mon jeune âge
Avec mon frère Eugène, avec mon frère Abel,
Mêlant ma voix aux leurs, innocente Babel,
Tout petit, j’ai rempli de chansons enfantines
Le saint cloître où jadis priaient les Feuillantines.

25 juin 1837.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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