poème

XLIV

Nous sommes deux familles d’hommes

Nous sommes deux familles d’hommes :
Savants et voyants ; les uns fils
Des Paris, des Londres, des Romes,
Les autres, d’Ur et de Memphis ;
Nous, faits pour l’ombre, humbles apôtres,
Qui tâchons de savoir ; les autres,
Prophètes pleins d’Adonaï,
Ames d’extase ou de colère
Qu’à travers les siècles éclaire
Le flamboiement du Sinaï.
Penchés à la même fenêtre,
Ils regardent nous écoutons.
Un esprit différent pénètre
Les Moïses et les Newtons ;
C’était ainsi, même à l’aurore,
Lorsqu’aux mages parlait encore
La Muse aux lèvres de corail,
Aux temps où ces rêveurs sauvages
Voyaient descendre des nùages
Le centaure au double poitrail.
Nous que la science accompagne,
Eux que le bleu rayon conduit,
Nous montons la même montagne ;
Pour nous tout meurt, pour eux tout luit ;
Tous ensemble, par la prière,
Ou par l’idée, âpre ouvrière,
Fouillant le sol, cueillant le fruit,
Nous sondons l’âme et la matière,
Eux sur le versant de lumière,
Nous sur le versant de la nuit.

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« L’enfant, c’est un feu pur dont la chaleur caresse ; c’est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. »

HUGO

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